L’éducation du citoyen Athénien

Contrairement à l’éducation spartiate presque entièrement dédiée au sport, au combat et à la guerre, l’éducation athénienne se veut beaucoup plus complète.

 

La famille éduque l’enfant jusqu’à ses 7 ans. La formation intellectuelle et physique commence une fois ses 7 ans révolus.

 

Le jeune athénien est toujours suivi d’un esclave, appelé le pédagogue, (conducteur d’enfants) que possède son père. Il accompagne l’élève vers ses différents maîtres instructeurs sur le forum, et veille sur sa bonne conduite.

 

Les différents professeurs, payés directement par les parents de l’élève, sont :

 

  • Le précepteur, personne chargée de l’éducation et de l’instruction de l’enfant. Il travaille dans la maison des parents de ce dernier. C’est en quelque sorte l’école à la maison, mais dispensé par le professeur. Le précepteur est privilégié par les familles aisées, souvent nobles. Il y en eut de célèbres, notamment Aristote, qui fut précepteur d’Alexandre le Grand.

 

Hors le cas du précepteur, il y a le « circuit » classique :

 

  • Les grammairiens qui enseignent à l’élève les bases de la lecture, de l’écriture et du calcul. La lecture était également expressive : on lui apprenait le Ba-ba de la scansion (apprendre à bien réciter des poèmes), afin qu’il puisse déclamer correctement poèmes et cantiques (chant d’action, poème). Les poèmes appris étaient généralement tirés d’Homère, les élèves apprenant ainsi l’histoire des héros grecs. L’écriture était enseignée par le biais de tablettes de cire, ou des papyrus.

 

Les pédagogues comme les maîtres sont très autoritaires, et donnent souvent des coups de fouet ou de férule (baguette de bois) aux enfants dissipés ou ne réussissant pas les exercices demandés.

 

Au début du Ve siècle, la période où Athènes est à son apogée, presque tous les Athéniens savent lire, ce qui est d’ailleurs indispensable pour que puissent fonctionner certaines procédures démocratiques, comme celle de l’ostracisme (rejet et bannissement d’un citoyen).

 

Pourtant, l’école n’est pas obligatoire. Toutefois, le coût de l’éducation intellectuelle étant totalement à la charge du paterfamilias (père de famille), il en résulte que les enfants de famille pauvre quittent l’école beaucoup plus tôt que ceux des familles aisées, leurs connaissances étant dès lors beaucoup moindres que ces derniers. Les enfants d’artisans et surtout de paysans commenceront alors à travailler.

 

  • Les citharistes, c’est à dire le maître de musique :

Il apprenait d’abord à chanter aux enfants : on leur enseignait à la fois le rythme poétique et la théorie musicale ; ainsi que les chants, dont les paroles devaient les amener à les rendre portés vers la morale, l’amour de la patrie et de la religion. Ils les faisant également pratiquer des instruments de musique, notamment la cithare et la lyre.

 

A partir de l’époque classique, certains « maîtres de musique » étaient reconnus comme pouvant donner une instruction plus complète : ils donnaient alors des cours d’astronomie, de physique, de dialectique et de philosophie.

 

Pour compléter leur formation, les Athéniens avaient la possibilité, une fois jeunes adultes, d’accéder à d’autre maîtres, qui avaient pour tâche de les renforcer dans leur connaissance intellectuelle.

 

Ils pouvaient notamment aller chez le sophiste.

 

Payant fort cher ses leçons, ses élèves étant souvent issus d’une famille aristocratique, le sophiste, en plus de cours plus approfondis, mettait surtout l’accent sur l’art oratoire. Par la rhétorique et la dialectique, les élèves devaient pouvoir accéder aux plus hautes fonctions politiques par des techniques de persuasion plutôt que par la recherche de la vérité et de la morale.

 

Cela consistait notamment en l’apprentissage par cœur de raisonnements semblant pertinents mais utilisant des biais de vices logiques, ce qu’on appelle aujourd’hui des « sophismes »… et dont raffolent nos politiciens actuels ! Payer un sophiste était devenu la règle à cette époque pour s’assurer de sa réussite individuelle.

 

Cette nouvelle école sophiste est perçue par une partie des philosophes comme trahissant l’idéal athénien. Platon, un des adversaires les plus réputés des sophistes va les qualifier de révolutionnaires.

 

Les plus célèbres d’entre eux furent Protagoras et Hippias.

 

Ensuite viennent les enseignants sportifs :

 

Les pédotribes, littéralement ; « professeurs de gymnastique ».

 

Chaque spécialité avait son pédotribe : tir à l’arc, maniement des armes, sports divers…

 

L’éducation sportive des enfants se fait après les premières formations intellectuelles, et commence vers ses 12-13 ans. Elle se pratique dans les palestres établissements privés. Les élèves, après s’être oints le corps d’huile, pour se protéger un maximum des coups et réduire la déperdition en eau, y apprenaient le pentathlon, ou le « quintuple combat », qui comprenait le saut, la course, le jet du disque, le jet du javelot, et la lutte.

 

L’entrée des palestres étant en principe réservé aux jeunes adolescents, ceux d’âge plus mûr, de 16-17 ans, devaient aller s’entraîner dans les gymnases, aux équipements plus complets (salles de bain, entrées réservées au public, piste de course…) que la palestre. Les Athéniens pouvaient pratiquer la natation au gymnase.

 

Cet établissement public ouvrait du lever jusqu’au coucher du soleil, et servait de lieu de conversation pour les passants, ainsi que pour les élèves, après leurs séances sportives, le gymnase servant ainsi de lieu de post-formation intellectuelle, plus concrète, et déjà tournée vers la vie active citoyenne et politique.

 

Contrairement à l’éducation intellectuelle, l’éducation sportive était gratuite.

 

L’exercice physique chez les Athéniens était vu comme un moyen de conserver la santé, ainsi que de se construire un beau corps. « La gymnastique pour le corps, la musique pour l’âme » affirme Platon dans « La République ».

 

Là où l’enseignement spartiate avait pour seul but de faire des citoyens-soldats dans une pure finalité guerrière, l’enseignement intellectuel et physique athénien se voulait complet et équilibré, permettant au jeune grec d’atteindre l’idéal de l’époque classique :

 

l’harmonie de l’esprit -par les arts et lettres- et du corps-par le sport-, en définitive : « être beau et bon » (kalos kagathos).

 

L’éducation sportive était perçue, avec le service militaire (que nous allons traiter juste en dessous) comme suffisantes pour permettre aux citoyens athéniens d’être de bons soldats. Ainsi, le célèbre stratège Périclès aura, selon Thucydide, eu ses mots envers l’éducation spartiate :

 

« En ce qui concerne l’éducation, si les Lacédémoniens (les spartiates), dès leur plus tendre jeunesse, se soumettent à un exercice fatigant pour parvenir au courage, nous, avec nos habitudes faciles de vie, nous ne sommes pas moins préparés qu’eux pour affronter les périls. Nous combinons l’amour du beau avec la simplicité de la vie, et nous philosophons sans être amollis. »

 

Platon préférant ce modèle spartiate, il s’en inspirera dans ses « Lois », souhaitant par exemple une prise en charge collective et totale par l’Etat de l’éducation des enfants. Toutefois, aucune volonté de copier la volonté belliciste de Sparte. Il s’agirait plutôt ici d’une éducation destinée à élever l’âme vers le bien, le beau et la justice, selon l’idéal platonicien traditionnel.

 

L’éphébie, le service militaire athénien :

 

Les Athéniens ont comme les Spartiates une éducation militaire, seulement, elle est beaucoup plus courte et moins rude que chez eux. A l’âge de 18 ans, ils doivent accomplir un service militaire durant 2 ans, nommé « éphébie ».

 

La cité leur fournit alors un armement, et leur verse une solde quotidienne. En plus de la technique hoplitique, devenue incontournable à l’époque classique, on leur apprend le maniement de diverses armes (javelot, arc, catapulte…), et on leur enseigne différents sports au gymnase. La première année de leur service, et après un rite d’entrée, ils sont installés en garnison. La seconde, ils sont chargés de garder les forts des frontières de l’Attique.

 

L’éphébie est marquée par la prononciation d’un serment :

 

les éphèbes doivent jurer leur attachement aux institutions de la Cité, leur respect de ses lois. Ils doivent certifier leur obéissance aux dieux ainsi qu’à l’amour et à la défense de la patrie.

 

Alors ? Vous préférez l’éducation athénienne ou l’éducation spartiate ?

 

La Nouvelle Sparte

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