L’héroïsme au combat chez les spartiates

L’héroïsme est sans cesse exigé des soldats spartiates lors du combat.

Le poète Tyrtée, dans l’une de ses élégies (une forme de poème grec), adressées aux hoplites spartiates combattant lors de la seconde guerre de Messénie, exalte ainsi la grandeur de mourir au combat alors que leur situation est très difficile, et la victoire encore loin d’être acquise.

« Celui qui tombe au premier rang des combattants et qui perd sa chère vie en donnant la gloire à sa cité, à ses compatriotes et à son père – alors que sa poitrine, son bouclier bosselé et sa cuirasse sont percés par-devant de nombreux traits – celui-là est pleuré par jeunes et vieux réunis, tandis que toute la cité se répand en lamentations lugubres. Et sa tombe, et ses enfants sont honorés parmi les hommes, de même que ses petits-enfants, et toute sa descendance. Jamais son nom ni sa belle renommé ne périront, et quoiqu’il gise sous terre, il devient immortel ».

Ceux qui ont été lâche au combat sont bannis du corps social. Ils sont désormais des « tresantes », des « peureux ». Ils sont exclus des syssisties (repas en commun), du gymnase et ils doivent arborer sans cesse un air triste, la tête basse. On ne leur adresse pas la parole, ils doivent se vêtir de haillons.

Plutarque, dans sa « Vie des hommes illustres » rapporte des propos incroyablement durs tenues par les mères spartiates, qui ont appris la lâcheté supposée de leur fils lors d’un combat.

Une mère spartiate tue son fils en disant ceci : « Meurs, vil rejeton, va par les ombres, par dégoût de toi […] Meurs, ce qui n’était pas digne de Sparte, je ne l’ai pas mis au monde !», ou encore une autre, qui prévient son fils d’un avertissement fameux, après lui avoir remis son bouclier « Reviens avec, ou dessus ! ».

Cet héroïsme est inculqué très jeune, et est exalté durant toute la vie spartiate.

Ce courage peut même s’exprimer chez les tout jeunes spartiates. Ainsi, Plutarque rapporte cette anecdote, très partagée durant l’Antiquité :

« Ces enfants, quand ils dérobaient, craignaient si fort d’être découverts, qu’un d’eux, à ce qu’on rapporte, ayant pris un renardeau qu’il avait caché sous sa robe, se laissa déchirer le ventre par cet animal à coups d’ongles et de dents, sans jeter un seul cri, et aima mieux mourir que d’être découvert… »

Le courage exigé des spartiates au combat obéit aussi toutefois à une raison pratique : la technique de la phalange utilisée par les soldats grecs demande une parfaite cohésion : les rangs doivent être serrés, et chaque soldat doit être épaule contre épaule de son voisin de gauche et de droite. Celui qui ne suit pas exactement la tactique exigée par peur soudaine peut par effet de réaction en chaîne désorganiser totalement sa rangée.

Le célèbre exemple de l’héroïsme spartiate au défilé des Thermopyles

Dans cette célèbre bataille datant de -480 avant J-C, les 300 hoplites, (accompagnés de troupes thébaines et thespiennes d’élite, soulignons-le) sous le commandement du roi spartiate Léonidas se sacrifient pour que le gros de l’armée grecque, prise à reverse suite à l’indication par un traître du meilleur moyen de contourner l’armée, puisse avoir le temps de se replier, laissant les Spartiates et ses alliés bloquer un maximum de temps le défilé des Thermopyles, face à l’armée perse du roi Xerxès, incroyablement supérieure en nombre.

Le rapport numérique rendait la défaite inéluctable, et malgré un carnage causé aux rangs perses (20 000 morts selon Hérodote), les Spartiates sont tués jusqu’au dernier.

Léonidas fera l’objet du culte héroïque, réservé aux plus grands héros grecs.

Ce sacrifice héroïque sauvera sur le long terme la Grèce. Cette défaite permet aux Perses de s’emparer de la Béotie, et ils saccageront Athènes la même année, qui, avait auparavant vu sa population expulsée, suite à un décret de Thémistocle. Le stratège athénien avait en effet compris que l’absence de réelles murailles autour d’Athènes (et de manière générale, en Attique), empêchait la ville de se permettre un siège, et qu’il fallait dès lors surtout penser à préserver la population, et à rassembler toutes les armées des cités grecques pour battre l’envahisseur perse. Les Grecs infligeront finalement aux Perses deux défaites cinglantes, à Salamine (-480) d’abord, grâce à la puissante marine athénienne, puis à Platées (-479) mettant ainsi fin à la seconde guerre médique.

Cet héroïsme, ce sens du sacrifice ultime, est évidement connu pour avoir été glorifié par le film « 300 ». Mais il est déjà célébré au Vè siècle av. J-C, par le message inscrit sur la stèle du poète Simonide, située sur le mont Kolonos, lieu du dernier théâtre de la bataille, après 3 jours de combat acharné :

« Étranger, annonce aux Lacédémoniens que nous gisons ici pour avoir obéi à leurs lois. »

Quel autre message pouvait mieux convaincre du fait que l’héroïsme soit une norme spartiate à suivre absolument pour tous ses citoyens, vertu dont Sparte en tire gloire ?

La belle mort chez les Spartiates supposait que les blessures mortelles infligées à un spartiate devaient être sur le devant de la personne, et non le derrière, car cela pourrait laisser penser qu’il aurait tourné un moment le dos au combat.

En effet, seul le citoyen spartiate mort au combat avait droit à une stèle, une inscription sur sa tombe. Les autres restaient anonymes.

En ce sens on peut comparer les Spartiates aux vikings qui glorifient eux aussi la mort à leur manière.

Cela permet de voir aussi, que les européens ne sont pas si différent des uns des autres et que nous formons tous un seul et même peuple.

La Nouvelle Sparte

One Comment

  • Léonidas88

    Qu’entendez-vous par :
    « Cela permet de voir aussi, que les européens ne sont pas si différent des uns des autres et que nous formons tous un seul et même peuple. » ?

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