L’importance des Dieux lors d’une guerre chez les grecs

Pour les Grecs, la guerre est sacrée. Elle est voulue par les dieux, qui en suivent les épisodes (ils peuvent aider ou contrecarrer les plans, chacun pouvant avoir son camp favori).

 

Pour s’assurer de la victoire, il faut donc discerner les intentions des dieux, trouver des éléments prédisant l’avenir : les Grecs avant de déclarer la guerre, s’adressent donc aux oracles, devins et autres auspices.

 

On analyse les entrailles d’animaux, on observe le vol et le cri des oiseaux, les changements météorologiques soudains, et on en déduit la faveur des dieux.

 

On s’attache parfois à des petits détails : vision d’un animal au physique inhabituel par exemple. Xénophon rapporte dans son Anabase, cette anecdote qui fait sourire :

 

« Pendant que Xénophon parlait ainsi, un Grec éternue. Les soldats l’ayant entendu se prosternent tous en même temps, et adorent le dieu qui leur donne ce présage.

Xénophon leur dit :

“puisque au moment où nous délibérons sur notre salut, nous recevons un présage que nous envoie Jupiter sauveur, je suis d’avis que nous fassions vœu de sacrifier à ce dieu, en actions de grâces de notre délivrance, dès que nous serons en pays ami, et que nous adressions en même temps aux autres dieux la promesse de leur immoler alors des victimes1, selon notre pouvoir. Que ceux qui sont de mon opinion, ajouta Xénophon, lèvent la main. »

Une armée traversant un fleuve ne manque pas de prier et de présenter une offrande au fleuve, car c’est une divinité. Les Romains ont eux aussi cette habitude : Ainsi, César prononcera son fameux « Alea jacta est », « le sort en est jeté », avant de franchir le Rubicon pour retourner à Rome.

 

Il arrive même qu’une armée ne réponde pas à une attaque adverse, si les dieux n’en ont donné aucun signe favorable. Ainsi, à Leuctres, l’armée spartiate se fera laisser décimer sous une pluie de flèches, l’arme au pied, les dieux n’ayant pas encore parlé.

 

En campagne militaire, le chef de chaque armée emporte les images des dieux, et le foyer portatif, symbolisant le feu de la cité. Les armées sont accompagnés de devins, devant s’assurer que les dieux ne changent pas d’avis pendant la bataille.

 

Seule la guerre pouvait troubler le cycle de célébration des nombreuses fêtes religieuses qui se déroulaient chaque année.

 

Le sacré dans la victoire

 

Les sanctuaires de la ville conquise sont pillés : les vainqueurs ne craignent aucun courroux de la part de ces dieux et ne les respectent pas : comment avoir peur de dieux les ayant abandonnés au combat ?

 

La défaite d’une cité veut toujours dire que leurs dieux ne consentaient pas à leur victoire.

 

Les armes des vaincus, sont réunies puis accrochées à un arbre, ou à un mannequin de bois. Ce « trophée » dédié aux dieux est sacré.

 

Dans l’Enéide, Virgile rappelle cette tradition, commune aux peuples indo-européens, et ainsi pratiquée également par les Romains : “Enée dresse un chêne géant, trophée pour toi, grand Mars, sur un tertre, l’ébranche, et le vêt des dépouilles du chef Mézence, avec ses armes éclatantes.”.

 

Le trophée, sacré, a pour but commémorer la victoire, et de célébrer la défaite de l’ennemi : il faut montrer à l’ennemi qu’il était le plus faible.

 

On se rappellera du célèbre épisode de la reddition de Vercingétorix venu déposer ses armes devant César, après le siège d’Alésia.

 

Ce qui reste du butin sert d’offrande aux dieux. On érige des statues, et des « trésors », monuments où l’on déposait les offrandes précieuses, dans les grands sanctuaires grecs : Delphes, et Olympie notamment.

 

Les lois de la guerre, commandées par la religion, font qu’aucun habitant de la cité vaincue n’est fait prisonnier. Le meurtre de tous les habitants est la règle, seuls les femmes, vieillards et enfants peuvent espérer survivre, mais en tant qu’esclaves.

 

Conclusion :

 

Les Grecs, comme les Romains, sont extrêmement religieux.

 

À la guerre, ils invoquent sans cesse les dieux pour s’assurer la victoire. La croyance dans les dieux de la cité est primordiale : les éphèbes, soldats athéniens en formation, prêtent serment aux dieux : « Je ne déshonorerai pas les armes que je porte, et je n’abandonnerai pas mes camarades au combat, je lutterai pour défendre les dieux aux Etats ».

 

On se rappellera du suicide forcé de Socrate, condamné à boire de la ciguë, mortelle, pour cause d’impiété publique : il était accusé de ne pas croire aux dieux que reconnait la cité, et d’en reconnaître d’autres qui lui était étranger.

 

1 Des animaux, parfois même des soldats vaincus, pouvaient être sacrifiés aux dieux pour les remercier de la victoire donnée.

 

La Nouvelle Sparte

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