Quand le rose était symbole de virilité

Du Moyen-Age, en passant par la Renaissance, le rose était attaché aux hommes et représentait la virilité. Porté par les chevaliers et utilisé par les grands peintres, le rose était une variante du rouge, symbole ultime de la masculinité.

Le rose représentait donc la guerre, le sang et le feu. C’est ainsi qu’elle devient la couleur du Dieu romain de la guerre, Mars. Ainsi ce « rouge pâle » symbolisait le caractère guerrier. Le rose était vu comme la couleur de la « chair » et n’était pas réellement définie comme une couleur spéciale, c’était simplement une déclinaison du rouge.

Les garçons portaient donc du rose et les filles, du bleu. Le bleu, qui est associé aux garçons actuellement, représentait, à l’époque, la fémininité et était perçu comme délicat ou gracieux. La couleur découlait de celle de la Vierge Marie depuis 1140 et la création par des maitres-verriers du « bleu de Saint-Denis ».

Jacob Bunel, Henri IV vainqueur de la Ligue représenté en Mars

Le tableau de Jacob Bunel (1606) représente ainsi l’ancien roi de France Henri IV en Mars (Henri IV protestant avait dû se convertir au christianisme) car il était perçu comme un roi guerrier.

Ses nombreuses guerres avaient réanimé ce style de Roi disparu. Les batailles qu’il mena furent victorieuses et construisirent cette image de roi conquérant. C’est ce même roi conquérant qui était vu comme le symbole viril de son époque.

L’inversion des pôles :

Au fil de temps, Le bleu se masculinise à l’aide de différents facteurs. La marquise de Pompadour à la cour du roi Louis XV, a imposé la couleur rose, trouvant que la couleur reflétait une certaine féminité liée au romantisme et de la bourgeoisie (le rose était une couleur peu accessible.).

Parallèlement, la Renaissance rappelle le passé gréco-romain qui privilégiait le bleu pour les garçons. En Grèce antique, le garçon était perçu comme « béni des Dieux » car le bleu représentait la couleur de l’Olympe.

Le garçon était béni car ses capacités physiques étaient indispensables pour une famille, il travaillait dès le plus jeune âge avec ses parents et représentait l’avenir, il devait être ambitieux afin de pouvoir un jour subvenir aux besoins de sa famille.

La rose fut progressivement laissé aux Femmes et finalement abandonné avant la Première Guerre Mondiale lorsque le bleu devint la couleur des uniformes militaires.

Ce même bleu représentait déjà les marins, des hommes adaptés aux longs trajets en mer et aux conditions difficiles.

On peut voir que la mode et les couleurs rattachées aux sexes changent selon les époques. Mais pour autant, faut-il que les hommes remettent du Rose ?

En vérité tout dépend si on reconsidère cette couleur comme virile ou non.

Si certains hommes, aujourd’hui remettent du rose dans leur style vestimentaire, ce n’est certainement pas pour paraître viril, mais au contraire, pour dire que tout le monde a le droit de porter les couleurs qu’il souhaite, même de porter les couleurs liées à l’autre sexe, et que rien n’est vrai dans l’absolu ou que tout se vaut.

La morale de cette histoire, ce n’est pas de dire que les hommes doivent remettre du rose.

La vraie morale de cette histoire, c’est d’adopter les couleurs rattachés à son sexe selon l’époque dans laquelle on vit et ne pas y déroger.

La couleur de la virilité sera celle que les hommes décideront comme masculine et rien d’autre.

La Nouvelle Sparte

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