Les 4 mensonges du Fitness

Comme beaucoup d’industries modernes, le monde du fitness et de la musculation est victime des mensonges véhiculés par le marketing. Tout cela pour vendre diverses sortes d’articles, de consommables ou de services.

Il y a donc les mythes propagés par l’industrie pour le bien de son commerce, c’est un fait indéniable ; mais il y en a d’autres qui perdurent pour des raisons de confort intellectuel, de « coolitude ». Des lieux communs, des postures morales faciles à adopter et à tenir pour continuer de penser conformément à son groupe social.

Mensonge : Entraînez-vous comme moi et vous me ressemblerez !

 

 

Le cas classique c’est de vouloir se muscler en s’entraînant comme un champion de bodybuilding. C’est ce que nous vendent les magasines spécialisés et tout un tas d’ouvrages et de programmes qui circulent sur internet ; et c’est vraiment la dernière des choses à faire !

Je vais peut-être vous choquer, mais les programmes des champions, c’est souvent un peu n’importe quoi. L’entraînement, structurellement, n’est pas primordiale dans ce cas. L’important se passe à un autre niveau.

Bien sûr, ils savent s’entraîner, ou plutôt, ils savent ce qu’ils font. Ils savent mettre de l’intensité et supporter un certain seuil de douleur, mais il est inutile de chercher dans leur programme une cohérence théorique, quelque chose de transposable à une autre personne. Leurs entraînements reposent souvent sur un principe de très haut volume avec une intensité soutenue (ce qu’un individu lambda ne peut pas faire).

Beaucoup de séries, beaucoup d’exercices, beaucoup d’angles différents. Un tel programme ne fonctionne pas chez un pratiquant lambda tout simplement car il n’aura pas une capacité suffisante à tenir une telle intensité, et par la suite, à récupérer. Beaucoup de champions s’entraînent deux fois par jours, c’est leur métier, toute leur vie tourne autours de ça !

Le second cas, c’est le fait de vouloir s’entraîner comme quelqu’un d’autre, comme n’importe quel autre pratiquant que l’on croise à la salle de sport. Il est en effet aberrant de vouloir copier l’entraînement de n’importe quel individu croisé à la salle de sport, juste parce qu’il possède un physique musclé. Croyez-moi, ce n’est pas parce qu’on affiche un physique musclé que l’on s’entraîne bien ou que l’on détient un quelconque secret !

Sachez donc que la musculation est une affaire très individuelle. Durant une vie de culturiste ou de simple pratiquant, on change souvent de programmes, d’exercices, de manière de s’entraîner. C’est une longue quête et on comprend souvent comment fonctionne son corps qu’au bout de très longues années. D’ailleurs pour tout vous dire, on a tendance à simplifier ses entraînements avec le temps et à comprendre qu’il suffit d’aller à l’essentiel. Inutile donc d’aller copier le voisin !

Mensonge : Tout le monde peut y arriver !

 

C’est selon moi le mensonge le plus insupportable. C’est celui que l’on rencontre dans les réseaux sociaux ; souvent une phrase creuse sur une jolie image sensée illustrer la « détermination ».

Pour contrecarrer ces assertions, nous ouvrirons le grand débat de la génétique, le vrai grand tabou du « fitness ». Tout le monde n’a pas la capacité d’atteindre un niveau de compétition, même en utilisant des « produits » (dopants illégaux). Certains ne sont simplement pas taillés pour ça. Il ne suffit pas d’efforts et de temps, parfois ça ne suffira jamais.

Concernant le niveau de sèche par exemple, certaines personnes peuvent rester toute l’année à un pourcentage de gras corporel très bas alors que d’autres ne pourront tenir que quelques jours et regonfleront très vite en reprenant une alimentation normale.

Nous avons tous des points forts et des points faibles. Certains parviendront plus facilement à être forts, d’autres auront des muscles très volumineux, d’autres pourront sécher efficacement et rapidement et certains auront ces trois qualités ! Mais aussi, certains autres auront une grande capacité d’organisation, d’autres seront faits pour diriger, et d’autres sauront intégrer des concepts intellectuels abstraits.

Heureusement, tout le monde est capable d’améliorer à la fois ses capacités physiques et son aspect, ce n’est pas donc pas du tout une raison pour se décourager !

La question qu’on peut alors se poser légitimement est la suivante : quelle est l’importance de la génétique dans la musculation ? Pour répondre à cette question en l’illustrant, je vous direz simplement d’observer un large échantillon de population qui n’a jamais pratiqué la musculation. Vous y trouverez des écarts-types, c’est à dire des différences d’un bout à l’autre du spectre, qui sont énormes.

Vous y trouverez des personnes très minces, des obèses, des personnes peut-être aussi très musclées. Malgré ça, la grande majorité des sujets partagera une large moyenne. C’est ce qu’on peut appeler une courbe de Gauss (ou « bell curve »), c’est à dire que les extrêmes (extrêmement doués ou extrêmement peu doués) représentent une petite minorité qui s’amenuise au fur et à mesure que leurs caractéristiques s’éloignent de la moyenne.

Il ne faut pas sous-estimer la part de la génétique. Tout existe dans la nature. Des personnes avec des physiques de modèles fitness qui n’ont jamais fait de musculation, c’est sans doute extrêmement rare, mais ça existe.

Ces différences entre individus qui ne pratiquent pas la musculation, on les retrouve dans les mêmes proportions chez les pratiquants ! Certains vont donc se développer très rapidement et à partir d’un physique déjà bien musclé, tandis que d’autres partiront de plus bas et avec une perspective de croissance bien moins élevée. Ces deux types d’individus ne pourront jamais aspirer aux mêmes objectifs, c’est ainsi.

S’il existe des personnes très douées génétiquement, il en existe donc aussi qui le sont nettement moins, et qui le sont peut-être vraiment pas du tout. La bonne nouvelle malgré tout, c’est que tout le monde peut progresser et transformer son corps. Même si vous avez une vraie génétique de merde (disons plutôt, peu adaptée à la musculation), vous pourrez toujours gagner du muscle et voir votre corps changer, mais n’espérez pas atteindre le même résultat que votre voisin à la génétique avantageuse (et non, ce n’est pas qu’une question de temps.)

Je constate que sur internet, beaucoup de gens encouragent ce mythe en postant des photos de « transformation » qui utilisent des clichés de leur adolescence. C’est comme ça que se propage ce mythe du bodybuildeur parti de rien et qui n’était qu’un adolescent chétif. J’ai rarement rencontré ce cas de figure !

Ce jeune enfant chétif que l’on nous présente dans la photo « avant », serait peut-être devenu un jeune homme solide quelques années plus tard, et ce sans musculation aucune, vous ne croyez pas ? Difficile de le savoir en tout cas. Mes observations en salles de musculation, durant plusieurs années, m’ont plutôt montré des ados déjà bien solides qui prenaient facilement du muscle, et d’autres chétifs qui progressaient plus difficilement.

Mensonge : Perdez 4 kilos en 2 semaines !

 

Je ne veux pas forcément parler du fait de perdre beaucoup de poids rapidement, j’ai mis ces chiffres complètement au hasard. Ce qui me gène en réalité, c’est plus simplement le fait de chiffrer des objectifs et des résultats dans de la publicité. La seule personne qui peut se permettre de faire ça, sans trop de précision, c’est vous-même et peut-être votre coach si il vous connaît bien. À part ça, impossible de savoir combien une personne peut perdre ou prendre de poids dans un temps donné.

Si vous êtes attentifs aux publicités, vous verrez que l’on nous dit souvent « perdez JUSQU’À 5 kilos », par exemple, que cela veut-il dire ? Simplement que sur un échantillon de personnes, l’une d’entre elles a bien perdu, lors d’une étude dont on ne sait pas grand chose, cinq kilos. Ce n’est donc pas du tout représentatif de la moyenne de la perte de poids. En exagérant un peu, nous pouvons imaginer que sur un étude portant sur 100 personnes, 99 n’ont rien perdu, et une seule a perdu 5 kilos. Méfiez-vous des arguments pseudo-scientifiques !

Cette tendance à vouloir à tout prix nous vendre des résultats rapides et faciles est emblématique de notre société moderne du « tout, tout de suite ». C’est aussi un peu de notre faute, et les publicitaires profitent de nos faiblesses.

Dans une société où tout va trop vite, où nos vies, à défaut d’être rythmées par la terre et les saisons, nous entraînent dans un monde sans frontières (sans limites), entraînées dans la course des algorithmes, du flux continu d’informations, de slogans et d’images. À nous de comprendre que les choses pérennes prennent du temps. Se construire un corps musclé ou bien perdre du gras superflu est l’affaire d’un long chemin ; mais un long chemin qui commence toujours par un premier pas.

Mensonge : Pour être musclé, il faut de grandes connaissances.

 

Vous savez sans doute ce que je pense des « Jean-Scientifiques ». Dans cette époque de l’information en continue, beaucoup perdent un temps fou à potasser sur des mauvaises études scientifiques comme une recherche du Saint-Graal. La musculation n’est pourtant pas tellement une pratique d’intellectuels.

Pour développer son esprit et accroître ses connaissances, il y a mieux. Pour autant, je n’invite personne à pratiquer bêtement ou à brûler ses livres qui traitent de la nutrition ou de l’entraînement. J’en ai moi-même lu des milliers de pages ! Il faut juste garder à l’esprit que ce n’est pas ça qui permet de se faire un « gros » physique.

Cela peut vous guider, cela peut satisfaire une curiosité intellectuelle ou vous aider si vous êtes professionnel du sport, mais ce n’est pas un élément indispensable à la réussite. Quand je parle de connaissances, j’entends une certaine science sur le corps humain et l’alimentation. Le corps humain est à la fois une machine très complexe et un écosystème qui repose sur des choses très simples : l’homéostasie et l’adaptation. L’organisme cherche en permanence à s’auto-réguler. Provoquez une adaptation, aidez-le à retrouver son équilibre, et vous aurez déjà tout compris à la musculation.

Pour être musclé, il ne faut donc pas nécessairement de grandes connaissances. Et l’inverse aussi est faux, car non seulement il ne faut pas forcément connaître beaucoup de choses pour devenir musclé, mais aussi, quelqu’un de très musclé n’est pas forcément quelqu’un qui connaît beaucoup de choses.

Vous l’aurez compris, on peut devenir musclé presque par accident. La personne qui possède une bonne disposition génétique peut se forger un physique hors du commun en s’entraînant très mal et sans respecter aucun principe « scientifique » de la musculation. Je crois que c’est encore plus vrai chez les filles où l’on peut trouver des physiques très avantageux et qui n’ont jamais mis les fessiers sous une barre de squat. La nature hait l’égalité, c’est ainsi.

En gros, pour conclure, il n’y a aucun « secret ».

C’est le grand mensonge. La plupart des ressorts marketing reposent là-dessus. Secrets d’entraînement, secrets de régime alimentaire, secrets de compléments et même des secrets de déblocages mentaux ou mystiques. En réalité, il n’y a rien qui pourra du jour au lendemain vous apporter des solutions toutes faites.

Il existe peut-être des petits détails qui vous apporteront de manière temporaire des petites progressions, mais rien de jamais définitif. Le secret n’est donc pas un aliment miracle, il n’est pas non plus dans un programme de musculation savamment étudié. Il n’est d’ailleurs pas dans la science en générale. Souvent, je pense que nous sur-estimons largement l’importance de l’entraînement dans son format et ses dispositions, et que nous sous-estimons toujours celui de la génétique. Un individu doué pourra faire à peu près n’importe quoi, il réussira, un autre devra se battre contre lui-même avec beaucoup d’ardeur sans garanti de résultat satisfaisant.

La réussite, quand on parle de transformer son corps ou d’augmenter ses performances sportives, se construit petit à petit, avec beaucoup de temps, et des efforts qui peuvent grandement varier d’un individu à l’autre. Et comme je l’ai dis précédemment, parfois ça peut ne pas suffire, et c’est souvent très ingrat.

Je tiens tout de même à dire que je ne veux surtout pas décourager les lecteurs. Déjà, il y a peu de chance pour que vous faisiez parti de la part extrême de la population qui n’est absolument pas douée pour la musculation.

Ces personnes là, les maudits du fitness, ne sont pas si nombreux, ils sont à l’extrême gauche d’une courbe en forme de cloche. Pour la grande majorité qui n’est pas l’élite, il y a vraiment moyen de progresser visiblement en utilisant les méthodes simples et éprouvées de l’entraînement. Alors pas de panique, entraînez-vous, apprenez à vous connaître et ne vous comparez qu’à vous-même, et par dessus tout, prenez du plaisir !

La Nouvelle Sparte

%d blogueurs aiment cette page :